Ecce homo...

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Roman

  Livre

 

John Irving

A moi seul bien des personnages

Vous avez des principes affirmés, une morale bien ancrée, des conventions réfléchies, une orientation sexuelle classique ? Il vous faudra faire preuve de compréhension pour le moins et de tolérance absolue : vous allez lire le dernier John Irving...

 

 

William Abbott, Will ou Willy est le personnage central de ce roman. Il parle de lui et raconte sa vie tout au long de ces 470 pages. Il est issu d'une famille dont les membres sont les habitués du Favorite River Academy, une troupe de théâtre. Il est né d'un père quasi inconnu et d'une mère souffleuse. Son grand père est spécialisé dans les rôles féminins, sa tante Muriel est aussi de la partie, de même que l'oncle Bob. Ils jouent Ibsen et beaucoup Shakespeare. A l'exception de grand père Harry, tante Muriel, Mary, la mère de William et Nana Victoria, la grand mère, sont insupportables d'intolérance et de préjugés. Wiliam s'aperçoit très vite qu'il est attiré à égalité par le sexe opposé et par le même sexe. Il en perd certains mots et rencontre en rééducation Mrs Haddley, la mère d'Elaine, sa grande amie, qui l'aide à prononcer correctement ces termes qu'il déforme.
Il tombe éperdument amoureux de Melle Frost, la bibliothécaire, qui l'initie à la lecture sans hâte puis à l'amour avec respect. Elle a de grandes mains, elle est athlétique : elle est un homme. Ce qui ne déçoit en rien le jeune Willy. Il est aussi perturbé par Kittredge, personnage hautain et méprisant. Ils ne s'aiment d'ailleurs guère.
Nous accompagnons Willy dont la vie est essentiellement consacrée à la littérature et au sexe. On fait la connaissance de ses multiples rencontres, féminines et masculines, qu'elles aient lieu en Allemagne, en Autriche, en Espagne ou aux Etats Unis. Puis, ce sont les années sida : on assiste à la disparition inéluctable des amis de Willy. Certaines scènes, en particulier celle de la mort de Tom Atkins, décrivent en détail les lentes agonies et les maladies annexes que le sida révèle. On est ému par ces récits si réalistes.
Willam Abbott et John Irving sont-elles "the one person", du titre original ? On pourrait le croire, tant les parcours sont identiques y compris la similitude des origines et la quête du père. Même présence de la sexualité, mêmes parcours géographique, la dyslexie et la lutte, chère à l'auteur.
Il flotte un parfum permanent de mélancolie et d'humour. Le livre est un plaidoyer émouvant pour la tolérance envers les communautés homosexuelles. On peut trouver exagéré le "topic" homosexuel et "bi" quasi permanent mais on ne peut rester indifférent à l'humanité qui se dégage.

Alain Dagnez

 

Un entretien avec l'auteur...

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Publié le: Mardi, 29 Octobre 2013