"Un art qui a de la vie ne reproduit pas le passé, il le continue." (Auguste Rodin) - La critique d'Annie

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Roman

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"Un art qui a de la vie ne reproduit pas le passé, il le continue." (Auguste Rodin)
La critique d'Annie
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Cet ouvrage, basé sur un fait véridique, raconte l'histoire de Nikodime Kirilenko, l'un des ermites de Saint Eustache, qui, au coût de sa vie, a soustrait au régime bolchevique parmi les plus beaux trésors d'art sacré que comptait la région de Saint Pétersbourg appelée alors Léningrad. Ce fou de Dieu a dirigé une confrérie insolite, improbable de moines itinérants, prêts à tout pour la sauvegarde de leur patrimoine religieux.

La première partie du livre rend parfaitement réelle l'importance de la place et de la force des images dans le monde chrétien. Pour elles, les moines se font acrobates, anges ailés, voleurs ! Au fanatisme politique, bolchevique, iconoclaste (grec : eikon : image et klan : briser) s'oppose le fanatisme religieux, iconodoule. Jusqu'où l'homme peut-il aller pour sauver une icône ! Il faut rappeler que dans l'histoire religieuse du Moyen-âge à nos jours, les moines ont toujours été de grands propagateurs du culte des images. Ils diffusaient en cela auprès des masses une des traditions de l'Eglise. Pour les peuples à évangéliser, ne sachant pas lire ou ne parlant pas la même langue, le poids de l'image se révéla universel (catéchisme visuel).

Mon intérêt à suivre les pérégrinations de cette confrérie a pourtant connu un coup d'arrêt à la page 141 ! Exit le récit sur la Confrérie des Moines Volants... Encore un auteur qui considère qu'un saut dans notre siècle est indispensable pour comprendre les méandres du passé ! Tel était mon état d'esprit en abordant la deuxième partie. J'ai eu beaucoup de mal à m'intéresser à l'histoire de Mathias, photographe en pleine crise existentielle. Impression renforcée par le fait que lui-même portait peu d'intérêt à sa propre histoire. Je me suis accrochée et bien m'en a pris. Je reprendrai à mon compte la métaphore du tableau de Rembrandt : « Danaé », abordé dans ce livre, où la noirceur et la lumière se mêlent pour un rendu hypnotique. Il faut passer par les ténèbres pour comprendre l'âme russe et il faut la lumière pour que celle-ci s'exprime de la plus belle des manières. Au bout du tunnel se trouve la renaissance.

Tout est métaphorique dans la dernière partie de l'ouvrage qui s'achève en apothéose à l'Ermitage, où la Nouvelle Russie fonde son union et sa force sur le refus de compromis de Nikodime et son sacrifice qui a permis la sauvegarde des icônes et par la même d'une parcelle de l'âme russe ! Les « seconds rôles » sont à savourer avec la plus grande attention car ils nous permettent de mieux saisir les méandres du cœur et de l'âme humaine... Bref, un livre à lire, à relire...



Publié le: Jeudi, 21 Novembre 2013