Décès de Régine Deforges

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Roman

 

Regine Deforges

L'auteure de La bicyclette bleue est morte à l'âge de 78 ans. Elle venait de publier ses mémoires en septembre dernier : L'Enfant du 15 août (Robert Laffont).

Trois ans de travail pour l'auteur de l'immense succès populaire, La Bicyclette bleue, paru en 1981 , et les neuf volumes de la saga qui ont suivi. Le dernier roman de la série, paru en 2007, s'intitule Et quand vient la fin du voyage (Fayard).

Insolente, provocatrice, insoumise, féministe, cette rousse médiatique toujours vêtue de noir et grande fumeuse de cigares était aussi une libraire passionnée et une éditrice souvent condamnée pour atteinte aux bonnes mœurs à cause des textes érotiques qu'elle publiait.

Libraire, éditrice, il ne lui restait plus qu'à s'affranchir se sa peur d'écrire. Elle a publié son premier roman, Blanche et Lucie (Fayard), l'histoire de ses deux grands-mères, en 1976, et deux ans plus tard se confiait davantage dans Le Cahier volé (Fayard), qui devait son premier livre.

Sollicitée par l'éditeur Jean-Pierre Ramsay, qui souhaitait faire une collection de « remakes » des grands classiques, Deforges choisit Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell. Cela devient La Bicyclette bleue. La guerre de Sécession aux Etats-Unis se transforme en Occupation en France. A l'origine, il s'agissait d'une trilogie (101, avenue Henri Martin (1983) et Le Diable en rit encore (1985). Finalement, elle a écrit dix tomes, en 26 ans. La saga fut traduite en 22 langues. Les héritiers de Margaret Mitchell l'ont aussi attaquée en justice pour contrefaçon. Mais cette fois-ci Deforges a gagné, en appel, après six ans de procédure éprouvante.

Deforges est l'auteure d'une cinquantaine d'ouvrages : des romans, essais, livres érotiques, mais aussi des contes. Elle peut même préfacer un livre sur le point de croix, une de ses passions. Son roman préféré reste La révolte des nonnes (Fayard, 1981), une histoire qui se passe dans le monastère de Sainte-Croix, à Poitiers, à la mort de Radegonde. Outre ses Mémoires, elle avait publié en 2013 aux éditions de la Différence, Les filles du Cahier volé, livre d'entretiens avec Léonardo Marcos, complété par un texte de Sonia Rykiel. Avec Manon Abauzit, elle évoquait la discrimination sexuelle et le lesbianisme.

Elle se plaignait de vieillir – « En esprit, je ne suis pas vieille, mais mon esprit et mon corps ne sont plus en accord. Je me sens fragile et je n'aime pas cela » expliquait-elle au journal Le Monde. L'écrivaine n'a pas beaucoup changé malgré l'âge, les multiples coups durs et ses nombreux éclats. On se souvient qu'elle démissionna du jury Femina par solidarité avec Madeleine Chapsal, exclue en 2006. Deforges ne se souciait pas de sa réputation sulfureuse : « Je suis toujours une emmerdeuse !»

Source : Livres Hebdo, 3 avril 2014.

Publié le: Vendredi, 04 Avril 2014