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Roman

  Livre

 

Karin Hann

Althéa ou la colère d'un roi

L'Histoire est une belle science qu'il faut étudier comme telle... Mais pour l'enseigner, offrez les romans de Karin Hann, vous aurez la connaissance et le plaisir en plus !...

Nous venons de terminer cet ouvrage-ci, premier dans l'écriture, second dans la chronologie historique du triptyque de l'auteure. Mais de quoi s'agit-il ?

Althéa en est l'héroïne. Orpheline de père et de mère, elle a été recueillie par Nicolas Fouquet, surintendant de Sa Majesté Louis XIV. Elle est élevée dans les fastes de cette Cour bis, qui fait de l'ombre au roi, fâché d'assister à une certaine fête, donnée à Vaux le Vicomte. Le seigneur des lieux croit bien faire en invitant son souverain. Ce dernier en tire une aigreur jalouse dont l'aboutissement sera d'évincer Fouquet et de l'envoyer à la forteresse de Pignerol finir ses jours, de confisquer tous ses biens, de le priver de ses charges et de sa famille. Il en profite, au passage, pour engager à son service exclusif tous ceux qui, jardinier comme Le Nôtre ou architecte comme Le Vau ont contribué au lustre insupportable du surintendant.

Althéa en ressent un vif ressentiment contre le roi. Elle avait fait la connaissance de Mathieu, marquis de Mergenteuil, fort aimable puis fort aimé. Il l'avait sauvée des eaux lorsqu'elle était toute jeune. II la sauvera plus tard de mille dangers. Ce dernier s'engage à ses côtés, à tous points de vue. Notre héroïne fréquentera la Cour, sera une des suivantes de Marie-Thérèse, épouse délaissée, deviendra l'amie de Mme de Montespan, nouvelle tocade obsessionnelle du Roi... en attendant les autres.

Le roman fait la part belle à la romance entre Mathieu et la belle Althéa. On suit l'aventure avec avidité et inquiétude. Que va-t-il arriver à notre personnage tant on s'attache à cette jeune femme, décrite comme belle, intelligente, aventureuse ? Si aimante qu'on voudrait s'appeler Mathieu. Ce dernier disparu en mer, elle croit trouver le repos auprès du duc de Cressac mais Mathieu lui manque et son fils le lui rappelle. N'en disons pas davantage !

Que cette oeuvre première contienne moins d'Histoire que les autres n'enlève rien à sa qualité narrative. On s'attache à Althéa comme il en est de même des autres héroïnes des autres romans, car la femme est centrale comme toujours. Louis XIV n'est pas la tasse de thé de Karine Hann. On sent qu'elle ne nourrit pas, comme il se devrait, une admiration sans bornes pour ce roi, égocentrique, consommateur de femmes, enfant gâté, plus soucieux de son rayonnement que du bonheur de qui que ce soit. Ce sera tant pis pour ses successeurs. Louis le XVIème paiera pour les égarements de son illustre ancêtre...

Alain Dagnez

Publié le: Vendredi, 11 Avril 2014