Pour braver la peur du noir

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Bande dessinée

  Livre
Détail de la notice ,

Severine Gauthier (scénario), Jeremie Almanza (ILL.)

Aristide broie du noir

 

Des dessins magnifiques, qui nous transportent dans un monde où tout est surdimensionné, truffé de plongées, les décors sont déformés, tout oppresse le petit garçon, mais il va se montrer réactif, et sa ténacité sera récompensée, même si la machine à broyer le noir tombe en panne, l’épreuve se terminera bien, grâce à la bienveillance d’une ombre pleine de tendresse.

 

 Aristide est un petit garçon qui ressemble physiquement à un embryon, genre bonhomme têtard.

Il n’est pas aimé, on se moque de lui à l’école…mais Ari (son diminutif) est un petit génie. Il est toujours plongé dans les livres de science, physique et algèbre de préférence.

Ce qui fait dire qu’Aristide est brillant ! jeu de mot : évocation d’Aristide Briand, et son nom est bien trouvé en rapport avec sa phobie.

Aristide a un gros problème : il a peur du noir, et le soir cela l’empêche de s’endormir…il serait même insomniaque !

Et les jeux de mots vont fuser : il a une peur bleue du noir, quand tout est noir, Ari a des nuits blanches, etc.

Tout cela c’est à cause des ombres qui peuplent ses nuits et viennent le terroriser.

Pour se sortir de ce maléfice et affronter ses peurs, il va inventer une machine …qui va broyer le noir ! : une machine à lumière qui fera périr les ombres fantasmagoriques…

Une mise en page où les couleurs se succèdent : on passe du rouge, au bleu (nuit), au vert, au rouge, puis redevient noire, pour se terminer par le violet (violence ?)

Le récit m’a beaucoup fait penser à l’apprenti sorcier, le scénario (de Walt Disney) où Mickey Mouse se bat contre des balais dans la tourmente d’une inondation ; ici les ombres se divisent et se multiplient, les ombres dansent, elles se reforment à l’arrière de la machine (une fois que la lumière est passée) et le combat recommence inlassablement.

Le thème de la peur, beaucoup exploitée dans les albums pour enfant, car elle reste l’une des peurs ancestrales de l’homme, devient sujet à un rite de passage, pour un petit garçon de dix ans. Il y aurait de plus une petite allusion moralisatrice ? ne pas courir chez le psychiatre trop vite, refuser de prendre des somnifères ?

La fin, heureuse, ressemble d’ailleurs à un conte : Ari ayant vaincu ses peurs, finit par s’endormir, …peut-être dort-il encore ? et voici une fin digne de la Belle au bois dormant.

Beau sujet qui permet sûrement aux enfants de s’identifier et de les aider à braver et dépasser leurs peurs…du NOIR.

 

Jocelyne RIC, Collège Saint Nicolas les Arras

 

Publié le: Jeudi, 02 Décembre 2010