Fatale étincelle

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Bande dessinée

  •   Livre
  • Gavrilo Princip : l'homme qui changea le siècle
  •   Livre
  • François-Ferdinand : la mort vous attend à Sarajevo

« Je suis un nationaliste yougoslave et je crois à l’unification de tous les slaves du sud, libérés du règne autrichien. J’ai tenté d’atteindre ce but par le biais du terrorisme. Je ne suis pas un criminel, car j’ai détruit le mal. Je pense que je suis bon ». Tels sont les mots énoncés, pour sa défense, par Gravilo Princip, lors de son procès en octobre 1914.

L’assassin de l’archiduc François-Ferdinand (ainsi que de son épouse) à Sarajevo ne pensait pas que son acte – pour lui d’un pur héroïsme – serait à l’origine du déclenchement de la Première guerre mondiale. Princip n’était ni un fou, ni un exalté irresponsable, mais un jeune serbe de Bosnie pétri d’idéaux et surtout révolté par l’oppression exercée par l’Empire austro-hongrois sur les peuples (bosniaque, serbe, croate…) de son pays annexé. Henrik Rehr, artiste danois installé à New-York, retrace ici son parcours de façon magistrale. Princip n’avait pas vingt ans au moment de commettre l’irréparable, mais Rehr montre combien sa décision était réfléchie, mue par la volonté de rendre aux Slaves leur dignité, et, plus largement, alimentée par son espérance, sa vision d’un monde plus juste. Mais l’Europe, par le jeu des alliances entre nations, était déjà une poudrière. Gavrilo Princip se chargea en définitive d’apporter l’étincelle fatale.
Le récit fluide (en dépit de la complexité géopolitique des Balkans de l’époque) et captivant de par les enjeux qu’il décrit, le dessin époustouflant de maîtrise font de cette BD l’une des plus réussies parmi celles – nombreuses – traitant du premier conflit mondial, ou s’intéressant à ses causes ou à ses conséquences.
François-Ferdinand : la mort vous attend à Sarajevo traite également de ce moment-clé de l’histoire du XXe siècle. Mais il s’agit d’une BD radicalement différente, de par le point de vue adopté et le style graphique, beaucoup plus classique. Son principal protagoniste est cette fois l’archiduc, qu’on voit peu à peu marcher vers son destin tragique. Héritier assez détesté de l’empereur François-Joseph parce qu’il a préféré faire un mariage morganatique (et d’amour) avec une tchèque issue d’une noblesse déchue, méprisé par la cour et pris de haut par ses généraux, sa volonté de prouver son courage (une rumeur de conspiration à son encontre a circulé dès l’annonce de son voyage) et sa fierté le conduiront à sa perte.

Publié le: Vendredi, 05 Septembre 2014