"Tu seras châtiée de ta témérité"

Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. PDFImprimerEnvoyer
AddThis Social Bookmark Button

Roman

  Livre

 

Eric Reinhardt

L'amour et les forêts

Eric Rheinhardt imagine dans ce roman qu'une femme, admirative de sa plume, veut le rencontrer et on peut l'admettre. Elle lui narre, peu après, sa triste vie privée : sujet à caution...

Bénédicte Ombredanne n'aime pas son mari, sorte de malade qu'on nomme aujourd'hui "pervers narcissique", très en vogue à notre époque. De plus, ses propres enfants ne lui offrent pas l'amour dont elle regorge car ils sont passées dans le camp de l'autre et cela peut arriver.

Alors, elle se tourne vers Internet, madone des âmes désespérées. Elle y fait une rencontre inoubliable, Christian. Episode éphémère, stricto sensu. Elle se livre, se donne et s'abandonne jouissante. Mais le retour à la réalité la détruit. Le mari la persécute de jour en jour pour qu'elle avoue et elle cède. Il poursuit néanmoins sa torture morale. Bénédicte n'a plus qu'à trouver refuge dans la maladie puis au-delà. Mais comme tout cela paraît invraisemblable. Quoi ! Cette femme reste avec cet homme, qu'elle n'a jamais aimé... Quoi ! Elle n'a pas d'autre solution que de subir... Quoi ! Elle était joyeuse, brillante, cultivée et la voilà devenue le souffre-douleur d'un malade pathologique. Elle est une sainte moderne... Impensable !

Le roman pourrait s'arrêter dramatiquement mais non. L'auteur rajoute les confidences outrées de la soeur jumelle de l'héroïne jusqu'à plus soif et un autre roman démarre. On a compris ! Bénédicte est malheureuse en amour, c'est clair. Son mari devrait être enfermé, bien sûr. Elle est une martyre de sa condition, en effet. Si d'un côté, le mari est particulièrement sadique, pourquoi faut-il qu'on trouve son pendant dans cette masochiste ? Aucune femme de notre époque ne resterait un jour de plus avec son bourreau.

En fait, ce roman ne semble pas être construit. On a la curieuse impression que ce sont les phrases enchaînées, même bien écrites, qui font le récit et que l'auteur est entraîné par les idées qui lui viennent.

Le prix Renaudot des Etudiants a été attribué à ce roman peut-être en raison de la présence des SMS et d'Internet qui sont à la manoeuvre. Il paraît que la vraie rencontre bien vivante, heureusement, n'a pas apprécié les bribes de sa propre vie exposées là. On ne devrait pas parler de soi aux écrivains... ce sont des coucous !

Alain Dagnez.

 

Et pour en découvrir un petit peu plus, voici un entretien avec l'auteur...

JavaScript est désactivé!
Pour afficher ce contenu, vous devez utiliser un navigateur compatible avec JavaScript.

Publié le: Jeudi, 23 Avril 2015