Rocambolesque, étonnant et déjanté !

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Roman

  Livre

Jean-Marie Blas de Roblès

L'île du Point Némo

Lorsque vous avez terminé la dernière page de ce roman, vous vous dites que son auteur, à l'évidence, n'a plus toute sa tête. Il vous semble avoir lu plusieurs histoires, alors qu'une seule suffit le plus souvent à votre bonheur... 

Où que vous vous tourniez, vous lisez des noms connus, vous visitez de lieux qui vous disent quelque chose. Auriez-vous relu sans le savoir Jules Verne, Agatha Christie, Conan Doyle ? Tout est semblable, rien n'est identique. Auriez-vous revu un de ces films à grand spectacle de votre jeunesse ? Tout est connu, tout est neuf... Vous êtes perdu ! L'auteur vous a délibérément égaré, le coquin !

A l'origine une seule histoire, celle de quelques héros à la recherche du diamant de Lady MacRae, l'Ananké - ha! l'amour du grec ! - qui a été dérobé et qu'il faut, bien sûr, retrouver. Jusque là, c'est classique. La quête oblige les héros à emprunter toutes sortes de moyens de locomotion, le train agressé en direction de Pékin, l'Ekranoplane - aéronef improbable - le dirigeable inflammable vers l'Australie. Enfin, la goélette comme un oiseau sans ailes. Le Point Némo est en vue mais révèle un monde des profondeurs reconstruit, sorte de paradis bancal, qui en rappelle d'autres. Le tout dans un style aussi riche en vocabulaire que l'histoire l'est en rebondissement.

Parallèlement, comme pour reposer le lecteur ou l'éreinter davantage, l'auteur entrecoupe son récit d'un enchevêtrement d'autres récits sans relation avec le coeur du roman, qui se suivent de loin en loin et mettent en scène d'autres personnages qu'il faut se rappeler sous peine de ne pas comprendre ces sous-histoires à suivre comme une belle façon de vous perdre un peu plus.

On tâche de comprendre l'intention de l'auteur. Jean-Marie Blas semble dire que la lecture, celle qui imprime en vous des récits, des personnages, des images, des impressions aussi, nous habite au au-delà de notre propre volonté. Comme Socrate, puisque la Grèce est ici parfois à l'honneur, l'auteur insinue que nous n'apprenons pas mais que nous ne faisons que nous souvenir. L'écrivain ne fait que répéter des histoires connues, à son esprit défendant. Il est, en quelle sorte, possédé. Est-ce une raison pour vouloir nous envoûter ?

Alain Dagnez.

PS : Mais pourquoi Holmes a-t-il changé d'addiction ?

 

Et pour en découvrir un petit peu plus, voici un entretien avec l'auteur...

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Publié le: Lundi, 08 Juin 2015