"C'est comme un jour, ça s'en va, ça s'en vient, l'Amour…" (Charles Aznavour)

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Roman

  Livre

Annie Degroote

D'infinies promesses

Le roman se situe au XVème siècle, en pays de Bourgogne où Philippe III règne tandis qu'au loin, Charles VII tente de diriger le royaume de France. Ca commence à la manière d'un film,  quelques plans en plongée puis travelling jusqu'à la première scène au ras du trottoir. Tandis que la rue s'anime, un enfant assiste au meurtre de son père, paveur de son état. On a tué Jacquemain, le mari d'Aénor, fille d'Insbette. Nous voilà embarqués...

La famille Du Hesdin, à la fratrie nombreuse, dont les membres font profession d'enlumineurs, est au centre de l'histoire. La maman, Insbette, est familière à ceux qui l'ont précédemment rencontrée dans les "Racines du Temps". L'histoire va concerner tout particulièrement sa petite dernière, Naëlle, reproduction à l'identique de sa mère, fossette comprise. Elle est une jeune femme libre, protectrice maternante de son jeune frère Aubin, sorte de "ravi" nordiste. Naëlle est tombée amoureuse de Thibault de Ghiselin, chevalier de son état et marié par erreur. Nous allons suivre la lente rencontre de ces deux-là, la naissance de leur amour interdit, jusqu'à son éclosion totale. Les ennemis veillent: le meurtrier d'un côté, sinistre individu qui périra sans nos regrets; de l'autre un personnage trouble, Gaëtan, imposteur impénitent prêt à tout pour disqualifier Thibault. Tans pis pour lui. L'histoire se poursuit de Lille à Arras en passant par Bruges.

Annie De grotte aurait pu tout aussi bien s'adonner à l'art pictural car elle écrit comme on peint et les tableaux se composent comme autant de retables indépendants qui s'unifient progressivement en une fresque flamboyante. Nous voyageons à travers cette Flandre de Philippe III, riche en enlumineurs, en poètes et en vie artistique. Les femmes sont belles et portent le hennin. Annie Degroote redore, ce faisant, l'image de la région, terriblement et malheureusement grisée par l'ère industrielle récente. Malgré ou à cause de ses cloisonnements picturaux, le roman parvient à provoquer, chez le lecteur, l'attachement à ces personnages hauts en tempérament, surtout les femmes et principalement la jeune héroïne, qui parvient à force d'entêtement amoureux à bousculer les préjugés et à atteindre son idéal. On en tomberait aisément en amour mais elle le proclame :"aultre n'auray".

Alain Dagnez

Publié le: Lundi, 04 Janvier 2016