Elle versus L...

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Roman

  Livre

Delphine de Vigan

D'après une histoire vraie

On a déjà lu Delphine, familière depuis longtemps et on débute le livre en terrain conquis. On poursuit sur quelques pages, mouais c'est No et Moi (paru en 2007) quoi, sur un autre mode, tant on aime enfermer nos connaissances dans nos habitudes. Alors, par amitié, on continue...

Delphine est écrivain de l'intime. Elle rencontre fortuitement quelqu'un, mono-lettre, avec qui elle tisse des liens, à moins ce ne soit l'inverse. Leur amitié va varier de-ci de-là. Quelques épisodes plus ou moins longs et l'affaire sera bouclée, ficelée et voguent les tirages se dit-on. Et bien non, on a tout faux ! On a beau penser qu'on a son rond de serviette chez la dame, on est médusé, avalé, vampirisé car ce livre est un poison distillé par petites gouttes et ce jusqu'à la fin. De quoi s'agit-il ?

Delphine , alors qu'elle traverse un trou d'air, absence de mots et de muse, rencontre L. dans une soirée. Elles lient connaissance, boivent un verre ou deux et on ne sait comment, L. se retrouve chez elle avec armes et bagages. L. s'installe, prend ses aises, joue l'assistante maternelle, se prend pour Delphine, lui capte son espace, son oxygène, lui emprunte son identité. On se dit qu'elle, Delphine, ne va pas la laisser faire, qu'elle va se débattre, taper du poing, renvoyer l'intruse. Que nenni non point ! Delphine la laisse occuper l'espace, fouiner dans son ordinateur, ne s'aperçoit de rien. On a envie de lui crier : «Hé, fais gaffe, Delphine ! ». Un certain clash. L. disparaît, provisoirement et Delphine culpabilise.

Peu de temps après, L. réapparaît, dans toute sa splendeur. Descente aux enfers. L. se déguise en Hadès, Caligula, Comte Dracula, tout à la fois. L. la brûle, l'étrangle, lui suce le sang et Delphine n'en peut plus. Plus d'amis, plus d'enfants ni de compagnon, elle est isolée. Elle a les bras, les jambes et même la tête coupés. Elle la possède, la Gorgone.

A la fin, on avale les lignes pour trembler moins longtemps ou pour savoir si une vieille dame ne va pas s'enfoncer dans la douche sur une musique de scie dans les aigus saturés. Delphine nous a mis à bout de souffle et elle n'en a cure car elle a son Renaudot et d'autres encore. Delphine est très prisée.

Alain Dagnez

 

Et pour en savoir un petit peu plus, une interview de l'auteur...

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Publié le: Mardi, 26 Janvier 2016