"L'homme qui écrit est un homme qui se console." Marcel Pagnol

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Roman

  Livre

Gilles Leroy

Le monde selon Billy Boy

Dès les premières lignes, le lecteur est surpris par ce style particulier orné d'une grande pudeur et augmenté d'un humour presque sombre. L'auteur ne nous donne pas trop d'indications. Tout d'abord, une femme converse avec une autre, la première vouvoyant la seconde, qui la tutoie. L'intuition en éveil, nous subodorons les années soixante et des personnages qui pourraient être des familiers mais qui ne font pas montre d'une affection réciproque débordante...

Eliane est amoureuse d'André, dix-sept ans d'âge. Pire même, elle a conçu un enfant grâce à lui. La belle-soeur, Paule, l'envoyée de la famille, propose, pactole à la main, de faire "passer" cet indésirable. La réponse sera "niet".
Malgré les pressions et les tours en Vespa dans les rues à ornières, Eliane garde cet enfant dont on se dispute le prénom. Elle sait bien que le géniteur va lui revenir. En attendant, elle trouve un travail à l'Aviation Civile, qui la nourrit, mais pas trop, vu son état. Ses belles mains également auraient pu lui apporter un supplément grâce au photographe gitan. L'enfant naît dans la douleur..

L'auteur nous dresse une fresque familiale où l'on fait la connaissance de l'entourage d'André, de Paule, déjà citée, belle-soeur au mieux calculatrice et au pire givrée, Juliette, la maman et Maxime, son mari, boucher permanent du travail. Et de l'autre côté, la famille de la "maison noire" sur laquelle on s'attarde moins, le qualificatif ne la colorant pas.
Ligne après ligne, le lecteur assidu se rend compte qu'en fait de roman annoncé, il s'agit d'une biographie puis comprend que c'est une autobiographie. Gilles Leroy se tourne vers son passé, qu'il en ait été témoin ou qu'on lui ait narré. Et progressivement, nous l'accompagnons tendrement dans cette entreprise de confidence de sa mélancolie. Cette dévotion qu'il voue à ses deux parents, Eliane, qui ne transigera pas avec se belle famille et André, beau gosse à la mèche blonde, gaspilleur, hypothétique footballeur. Nous sentons bien que Gilles Leroy est en mal de ses parents de plus en plus, jusqu'aux sanglots intérieurs.
Un autre personnage prend beaucoup de place, mais celle-là est l'objet de son ressentiment, cette tante Paule, folle excentrique. En revanche, Myriam, soeur d'Eliane, reçoit toute le tendresse de l'auteur, comme s'il s'harmonisait avec les sentiments maternels.
La tristesse nous gagne et va crescendo et à la fin, l'humour n'est plus que bile noire. On ferme le livre, heureux de notre lecture, malheureux avec l'auteur, Gilou pour les intimes malgré la réprobation maternelle et qui n'a pu échapper à l'appellation Billy Boy de son père.

Alain Dagnez

Et pour en savoir un petit peu plus, une présentation du roman par l'auteur, puis deux entretiens au choix...

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Publié le: Jeudi, 07 Avril 2016