Un éveil à la sexualité

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Sélections

 

ROSSIGNOL Isabelle
F comme garçon
LE BOURHIS Michel
Il y a des nuits entières

            Deux romans parus à un an d’intervalle, chez deux éditeurs différents et d’auteurs aux univers bien séparés ont la bonne idée d’évoquer un sujet encore assez tabou en littérature jeunesse, voire en littérature tout court: l’homosexualité. Sans pincettes mais sans vulgarité non plus, ces romans sont un éveil à la sexualité chez les adolescents, le premier chez une jeune fille, l’autre chez un garçon. J’ai trouvé courageux et néanmoins très poétique le projet des auteurs.

            Dans F comme garçon, Zoé, en vacances avec sa cousine Nina, se sent attirée par elle, et la domine dans leurs petits jeux, que Nina ne prend pas au sérieux. Zoé, va expérimenter la montée du désir, l’affirmation de la différence, la difficile confirmation de ce qu’elle sent en elle depuis toujours. Mais l’amour est un jeu dont on ne connaît pas toutes les règles au départ…

            Il y a des nuits entières nous emmène dans la vie de Sylvain, amoureux et aimé de Nathan, mais dont la construction adolescente est tout aussi heurtée, tortueuse, dans l’envie d’aimer et celle d’être différent, mais pas trop…

            Ces deux histoires m’ont touchée, bouleversée, remuée, même, je crois que c’est le but recherché, cependant ce « militantisme » un peu trop flagrant n’encourage pas le propos plus que louable d’évoquer ces amours adolescentes. Je ne suis pas sûre que les ados en recherche de soutien se sentirant mieux après lecture. Les stéréotypes un peu appuyés (la référence à la musique, la littérature, le théâtre) ne font que mettre en lumière des différences pour ceux qui, peut-être, ne rêvent que d’ombre et de compréhension.

            Enfin, je soulignerai la grande qualité d’écriture des ces romans; Celle d‘Isabelle Rossignol est en mouvement, presque violente, à l‘image de son héroïne Zoé, contrairement à celle, très littéraire de Michel Le Bourhis. Je lis à l’instant une interview de lui donnée au magazine Citrouille, où il explique que sa démarche d’écrivain se fait en parallèle de sa carrière de prof, et qu’en aucun cas, il ne veut devenir dogmatique, ni institutionnalisé. Longue vie à Zoé, Sylvain et à leurs amours…

A conseiller à des ados à partir de la 3ème.

Marie-Laurence CAUDRON, collège de Libercourt


Publié le: Mardi, 19 Juillet 2011