Alice Zeniter

Parcours culturel | Invité

Billy Wilder | Marcel Ophuls | Bong Joan,ho | Chimamanda Ngozi Adichie | Zadie Smith | Tristan Egolf | Roberto Bolano | Alice Zeniter | Conor Oberst | Fontaines D.C. | Tom Waits

A la question pourquoi avoir choisi l'écriture que lui posait Arnaud Laporte sur France Culture, Alice Zeniter répondait : "«  C'est arrivé très jeune, j'écrivais déjà de la fiction quand j'avais 7 ou 8 ans avec ma grande sœur. C'était un jeu comme un autre, mais c'est devenu le jeu que je préférais parmi tous. Il y avait quelque chose de l'ordre d'une toute puissance qui permettait aussi, je pense, d'échapper à l'impuissance qu’est l’état d’enfance, même si c'est une impuissance très joyeuse. » "Prix Goncourt des lycéens 2017 avec "L'Art de Perdre, "Alice Zeniter vient de publier "Comme un empire dans un empire. "Elle a accepté notre invitation à faire sa sélection.

Certains l’aiment chaud

Certains l’aiment chaud

Video

Billy Wilder | 1959

C’est un film que je trouve génial notamment pour la façon qu’il a de valoriser la rapidité d’esprit, la capacité d’improvisation, l’art de se déguiser face à la violence des armes à feu. Au-delà des gags qui se succèdent et qui me font me tordre de rire, ce qui me fait du bien, c’est cette vision d’un monde dans lequel l’esprit vif et l’humour fonctionnent mieux que les mitraillettes. C’est également un film très en avance sur la question du genre avec un personnage masculin qui découvre qu’il est beaucoup plus heureux en femme, qu’il adore qu’on s’occupe de lui, qu’on l’emmène danser… C’est vraiment bluffant pour l’époque.

Le Chagrin et la Pitié

Le Chagrin et la Pitié

Video - Gaumont

Marcel Ophuls | 1969

Je regarde énormément de documentaires que je considère comme des œuvres d’art au même titre que les œuvres de fiction. "Le Chagrin et la Pitié, "c’est une incroyable galerie de portraits de gens de toutes origines, de tous les bords politiques, interrogés face caméra sur leur comportement pendant l’occupation allemande. C’est aussi un film dans lequel différents registres d’expression se mêlent, les manières de raconter les expériences sont différentes. Chez certains la parole est facile, les évènements semblent digérés, chez d’autres au contraire la pudeur rend difficile le fait de nommer précisément les choses. Certains, qui ont l’air sympathique, on va découvrir que ce sont des anciens de la division Charlemagne par exemple. Et puis ce film mêle les petites et la grande Histoire d’une manière très touchante. Il y a notamment cette séquence où Mendès raconte son évasion. Au moment de sauter le mur, il s’aperçoit qu’en contrebas, un couple sous un arbre se bécote… « L’amour, la chance, l’évasion finalement l’ont emporté ».

The Host

The Host

Video

Bong Joan,ho | 2006

Voilà un film de monstres qui est tout à la fois un film de monstres et autre chose qu’un film de monstres !  C’est un très beau film sur une famille dysfonctionnelle, avec un alcoolo, un simple d’esprit, un grand-père qui engueule tout le monde, et la petite collégienne qui finalement s’avère être la plus adulte de la bande. Très drôle sur les rapports entre les protagonistes, c’est aussi un film politique avec la question du rôle des Etats-Unis dans la politique sud-coréenne et son indépendance, sur la répression extrêmement violente des manifestations étudiantes. "The Host" est magnifiquement filmé et tellement bien mis en scène qu’on se fout complètement que les explications pseudo-scientifiques ne tiennent pas trois secondes !

L’Autre moitié du soleil

L’Autre moitié du soleil

Livre - Gallimard Folio

Chimamanda Ngozi Adichie | 2008

C’est un roman que Chimamanda Ngozi Adichie a écrit avant "Americanah" et qui traite de la guerre au Nigeria, de la brève indépendance du Biafra et des luttes entre ethnies. Un roman choral. On est à la fois avec un jeune gamin qui vient de se placer dans une famille beaucoup plus bourgeoise représentant un peu l’élite intellectuelle et politique nigériane, et avec un expatrié anglais blanc, perdu au milieu d’une guerre civile, dans un pays qui n’est pas le sien, dont il ne possède pas les codes, il ne sait quelle position adopter. Le livre est puissant et arrive à faire exister tous les personnages que l’on va croiser, à nous faire ressentir que la guerre va dérégler toutes ces vies,  manger toutes les existences et que personne ne sera épargné. Je trouve particulièrement remarquable qu’un livre de guerre soit écrit par une jeune femme, ce qui lui donne un statut un peu particulier. Clairement, c’est un roman que je mettrais à côté de "Pour qui sonne le glas."

Ceux du Nord-Ouest

Ceux du Nord-Ouest

Livre - Folio

Zadie Smith | 2014

Un roman choral qui  permet une traversée dans Londres en suivant des personnages aux destinées très différentes, qui vivent de manière complètement dissemblable le fait d’être noir ou métisse dans la société anglaise. C’est dans ce roman que, pour moi, Zadie Smith a la plus belle écriture. C’est une autrice que j’adore mais ses romans sont inégaux, et il est important de commencer par les bons, comme "De la Beauté" (2007) ou "Ceux du Nord-Ouest."

Le Seigneur des porcheries

Le Seigneur des porcheries

Livre - Folio

Tristan Egolf | 1998

"Le Seigneur des porcheries" est un ovni qui n’a rien à voir avec "La Conjuration des imbéciles "auquel on l’associe souvent et qui pourtant est bien meilleur. Ici, j’adore à la fois le portrait d’un être complètement marginal dans une ville elle-même improbable, véritable trou du cul du monde de la Bible Belt oubliée de la politique, de la culture, dans laquelle même le personnage principal, John Kaltenbrunner, est un rejeté, un outcast. C’est un roman magnifique sur la grève, la grève des éboueurs qui plus est, un roman sur ceux qui sont considérés comme la lie de la société et qui sont pourtant les seuls à faire les sales boulots dont personne ne veut. "Le Seigneur" est un livre dont j’adore la langue, il y a quelque chose de complètement fou dans le foisonnement mental, dans la langue de Tristan Egolf. Il y a une sorte de trop-plein, une fièvre, on a parfois l’impression que les phrases ne sont là que pour nous assommer à coups de poêle sur la tête et je ne connais personne d’autre qui écrit comme ça. Son suicide est une véritable tragédie. Grand, grand livre.

La Littérature nazie en Amérique

La Littérature nazie en Amérique

Livre - Christian Bourgois

Roberto Bolano | 1996

Roberto Bolano est aussi un de mes auteurs préférés, un des plus drôles que je connaisse, et "La Littérature nazie en Amérique" fait partie de ces livres qui me font éclater de rire. Bolano laisse une place immense à l’imagination du lecteur puisqu’il raconte souvent des histoires de gens qui racontent eux-mêmes des histoires sur des gens...  "La Littérature nazie en Amérique" s’inscrit dans cette filiation puisqu’il s’agit d’une fausse encyclopédie qui regroupe des écrivains fascistes ou nazis auxquels Bolano a inventé une histoire, une vie, un style… C’est une belle manière de découvrir Bolano quand on n’a pas le temps de plonger dans les mille trois cents pages de "2666 "ou les mille pages des "Détectives sauvages"…

Comme un empire dans un empire

Comme un empire dans un empire

Livre - Flammarion

Alice Zeniter | 2020

Avec "Comme un empire dans un empire", Alice Zeniter retrouve ce souffle balzacien mis, ici, au service de notre actualité, de notre inquiétante « post-modernité ». Le style est rapide, mordant, concret. De façon subtile, la tension monte entre tous ces personnages qui se croisent, qui s’agitent sur la terre ferme ou sur les écrans internet. L’épilogue est inattendu et les dernières lignes salvatrices. "«…Ils dansent au milieu de la foule, ils dansent comme s’ils voulaient tomber, avant de se rattraper à une épaule ou à la musique et d’éclater de rire. » "Le Télégramme

Artifact #1

Artifact #1

Audio - NONESUCH

Conor Oberst | 2014

J’ai découvert le premier groupe de Conor Oberst, Bright Eyes, en lisant "Freedom" (2010) de Jonathan Franzen. J’ai d’abord pensé que ce groupe était une invention de Franzen avant de découvrir qu’il existait bel et bien. Par la suite, j’ai continué à suivre les productions de Conor Oberst qui est un songwriter de génie dont les textes de chansons sont sublimes. Je rêverais de pouvoir en écrire une grande partie. Il y a des histoires très brèves qui tiennent en deux, trois lignes et qu’il interprète avec une finesse incroyable. "Artifact #1" (extraite de l’album "Upside Down Mountain "à 14:06 sur la vidéo) est une chanson de rupture et je trouve que ça raconte magnifiquement le temps qui passe et l’absence de l’autre qui est parfois plus facile à vivre que sa présence… C’est juste un petit chef-d’œuvre.

A Hero’s Death

A Hero’s Death

Audio - Partisan Records

Fontaines D.C. | 2020

Ce que je trouve génial, c’est qu’ils arrivent en portant dans leurs bagages tout le rock des années 80 et 90 qu’ils auraient parfaitement digéré. En concert, j’ai eu l’impression de réentendre les Pogues, et pourtant leur son est totalement contemporain. C’est à la fois le plaisir de toute la musique que j’adore MAIS c’est un groupe d’aujourd’hui. Et cet accent irlandais, j’ai l’impression qu’il remplit la bouche du chanteur. Je vois le visage articuler les mots. Je les ai vus en janvier au Bataclan. Ils sont habillés comme des sacs mais leur détermination et leur morgue font que leur présence sur scène était dingue. Un vrai groupe punk rock, ça fait ça, et pas autre chose.

Heartattack and Vine

Heartattack and Vine

Audio

Tom Waits | 1980

Il y a une démesure chez Tom Waits, dans la manière dont il force sa voix. Et il n’est jamais ridicule. C’est quelque chose qui me pousse à chercher de la grandeur dans l’existence. "Jersey Girl "est une chanson qui est faite pour se chanter à pleins poumons, en même temps que lui, et comme une partie des paroles se résument à  des shalala, il n’y a pas l’angoisse de se planter ! Mais quand on y pense, même les shalala de Tom Waits racontent des histoires. Le type a tellement travaillé les modulations de sa voix que même quand il n’y a pas de paroles, je comprends ce qu’il me raconte.

Certains l’aiment chaud

Certains l’aiment chaud

Video

Billy Wilder | 1959

C’est un film que je trouve génial notamment pour la façon qu’il a de valoriser la rapidité d’esprit, la capacité d’improvisation, l’art de se déguiser face à la violence des armes à feu. Au-delà des gags qui se succèdent et qui me font me tordre de rire, ce qui me fait du bien, c’est cette vision d’un monde dans lequel l’esprit vif et l’humour fonctionnent mieux que les mitraillettes. C’est également un film très en avance sur la question du genre avec un personnage masculin qui découvre qu’il est beaucoup plus heureux en femme, qu’il adore qu’on s’occupe de lui, qu’on l’emmène danser… C’est vraiment bluffant pour l’époque.

Le Chagrin et la Pitié

Le Chagrin et la Pitié

Video - Gaumont

Marcel Ophuls | 1969

Je regarde énormément de documentaires que je considère comme des œuvres d’art au même titre que les œuvres de fiction. "Le Chagrin et la Pitié, "c’est une incroyable galerie de portraits de gens de toutes origines, de tous les bords politiques, interrogés face caméra sur leur comportement pendant l’occupation allemande. C’est aussi un film dans lequel différents registres d’expression se mêlent, les manières de raconter les expériences sont différentes. Chez certains la parole est facile, les évènements semblent digérés, chez d’autres au contraire la pudeur rend difficile le fait de nommer précisément les choses. Certains, qui ont l’air sympathique, on va découvrir que ce sont des anciens de la division Charlemagne par exemple. Et puis ce film mêle les petites et la grande Histoire d’une manière très touchante. Il y a notamment cette séquence où Mendès raconte son évasion. Au moment de sauter le mur, il s’aperçoit qu’en contrebas, un couple sous un arbre se bécote… « L’amour, la chance, l’évasion finalement l’ont emporté ».

The Host

The Host

Video

Bong Joan,ho | 2006

Voilà un film de monstres qui est tout à la fois un film de monstres et autre chose qu’un film de monstres !  C’est un très beau film sur une famille dysfonctionnelle, avec un alcoolo, un simple d’esprit, un grand-père qui engueule tout le monde, et la petite collégienne qui finalement s’avère être la plus adulte de la bande. Très drôle sur les rapports entre les protagonistes, c’est aussi un film politique avec la question du rôle des Etats-Unis dans la politique sud-coréenne et son indépendance, sur la répression extrêmement violente des manifestations étudiantes. "The Host" est magnifiquement filmé et tellement bien mis en scène qu’on se fout complètement que les explications pseudo-scientifiques ne tiennent pas trois secondes !

L’Autre moitié du soleil

L’Autre moitié du soleil

Livre - Gallimard Folio

Chimamanda Ngozi Adichie | 2008

C’est un roman que Chimamanda Ngozi Adichie a écrit avant "Americanah" et qui traite de la guerre au Nigeria, de la brève indépendance du Biafra et des luttes entre ethnies. Un roman choral. On est à la fois avec un jeune gamin qui vient de se placer dans une famille beaucoup plus bourgeoise représentant un peu l’élite intellectuelle et politique nigériane, et avec un expatrié anglais blanc, perdu au milieu d’une guerre civile, dans un pays qui n’est pas le sien, dont il ne possède pas les codes, il ne sait quelle position adopter. Le livre est puissant et arrive à faire exister tous les personnages que l’on va croiser, à nous faire ressentir que la guerre va dérégler toutes ces vies,  manger toutes les existences et que personne ne sera épargné. Je trouve particulièrement remarquable qu’un livre de guerre soit écrit par une jeune femme, ce qui lui donne un statut un peu particulier. Clairement, c’est un roman que je mettrais à côté de "Pour qui sonne le glas."

Ceux du Nord-Ouest

Ceux du Nord-Ouest

Livre - Folio

Zadie Smith | 2014

Un roman choral qui  permet une traversée dans Londres en suivant des personnages aux destinées très différentes, qui vivent de manière complètement dissemblable le fait d’être noir ou métisse dans la société anglaise. C’est dans ce roman que, pour moi, Zadie Smith a la plus belle écriture. C’est une autrice que j’adore mais ses romans sont inégaux, et il est important de commencer par les bons, comme "De la Beauté" (2007) ou "Ceux du Nord-Ouest."

Le Seigneur des porcheries

Le Seigneur des porcheries

Livre - Folio

Tristan Egolf | 1998

"Le Seigneur des porcheries" est un ovni qui n’a rien à voir avec "La Conjuration des imbéciles "auquel on l’associe souvent et qui pourtant est bien meilleur. Ici, j’adore à la fois le portrait d’un être complètement marginal dans une ville elle-même improbable, véritable trou du cul du monde de la Bible Belt oubliée de la politique, de la culture, dans laquelle même le personnage principal, John Kaltenbrunner, est un rejeté, un outcast. C’est un roman magnifique sur la grève, la grève des éboueurs qui plus est, un roman sur ceux qui sont considérés comme la lie de la société et qui sont pourtant les seuls à faire les sales boulots dont personne ne veut. "Le Seigneur" est un livre dont j’adore la langue, il y a quelque chose de complètement fou dans le foisonnement mental, dans la langue de Tristan Egolf. Il y a une sorte de trop-plein, une fièvre, on a parfois l’impression que les phrases ne sont là que pour nous assommer à coups de poêle sur la tête et je ne connais personne d’autre qui écrit comme ça. Son suicide est une véritable tragédie. Grand, grand livre.

La Littérature nazie en Amérique

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Livre - Christian Bourgois

Roberto Bolano | 1996

Roberto Bolano est aussi un de mes auteurs préférés, un des plus drôles que je connaisse, et "La Littérature nazie en Amérique" fait partie de ces livres qui me font éclater de rire. Bolano laisse une place immense à l’imagination du lecteur puisqu’il raconte souvent des histoires de gens qui racontent eux-mêmes des histoires sur des gens...  "La Littérature nazie en Amérique" s’inscrit dans cette filiation puisqu’il s’agit d’une fausse encyclopédie qui regroupe des écrivains fascistes ou nazis auxquels Bolano a inventé une histoire, une vie, un style… C’est une belle manière de découvrir Bolano quand on n’a pas le temps de plonger dans les mille trois cents pages de "2666 "ou les mille pages des "Détectives sauvages"…

Comme un empire dans un empire

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Livre - Flammarion

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Avec "Comme un empire dans un empire", Alice Zeniter retrouve ce souffle balzacien mis, ici, au service de notre actualité, de notre inquiétante « post-modernité ». Le style est rapide, mordant, concret. De façon subtile, la tension monte entre tous ces personnages qui se croisent, qui s’agitent sur la terre ferme ou sur les écrans internet. L’épilogue est inattendu et les dernières lignes salvatrices. "«…Ils dansent au milieu de la foule, ils dansent comme s’ils voulaient tomber, avant de se rattraper à une épaule ou à la musique et d’éclater de rire. » "Le Télégramme

Artifact #1

Artifact #1

Audio - NONESUCH

Conor Oberst | 2014

J’ai découvert le premier groupe de Conor Oberst, Bright Eyes, en lisant "Freedom" (2010) de Jonathan Franzen. J’ai d’abord pensé que ce groupe était une invention de Franzen avant de découvrir qu’il existait bel et bien. Par la suite, j’ai continué à suivre les productions de Conor Oberst qui est un songwriter de génie dont les textes de chansons sont sublimes. Je rêverais de pouvoir en écrire une grande partie. Il y a des histoires très brèves qui tiennent en deux, trois lignes et qu’il interprète avec une finesse incroyable. "Artifact #1" (extraite de l’album "Upside Down Mountain "à 14:06 sur la vidéo) est une chanson de rupture et je trouve que ça raconte magnifiquement le temps qui passe et l’absence de l’autre qui est parfois plus facile à vivre que sa présence… C’est juste un petit chef-d’œuvre.

A Hero’s Death

A Hero’s Death

Audio - Partisan Records

Fontaines D.C. | 2020

Ce que je trouve génial, c’est qu’ils arrivent en portant dans leurs bagages tout le rock des années 80 et 90 qu’ils auraient parfaitement digéré. En concert, j’ai eu l’impression de réentendre les Pogues, et pourtant leur son est totalement contemporain. C’est à la fois le plaisir de toute la musique que j’adore MAIS c’est un groupe d’aujourd’hui. Et cet accent irlandais, j’ai l’impression qu’il remplit la bouche du chanteur. Je vois le visage articuler les mots. Je les ai vus en janvier au Bataclan. Ils sont habillés comme des sacs mais leur détermination et leur morgue font que leur présence sur scène était dingue. Un vrai groupe punk rock, ça fait ça, et pas autre chose.

Heartattack and Vine

Heartattack and Vine

Audio

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Il y a une démesure chez Tom Waits, dans la manière dont il force sa voix. Et il n’est jamais ridicule. C’est quelque chose qui me pousse à chercher de la grandeur dans l’existence. "Jersey Girl "est une chanson qui est faite pour se chanter à pleins poumons, en même temps que lui, et comme une partie des paroles se résument à  des shalala, il n’y a pas l’angoisse de se planter ! Mais quand on y pense, même les shalala de Tom Waits racontent des histoires. Le type a tellement travaillé les modulations de sa voix que même quand il n’y a pas de paroles, je comprends ce qu’il me raconte.

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