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Eternels regrets...

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Roman

  Livre

 

Christine Angot

La petite foule

 

Certains écrivains semblent avoir raté leur véritable vocation tant ils paraissent imprégnés d'un autre métier, c'est la cas de Christine Angot qui aurait pu devenir entomologiste. Dans ce livre, alors que tout semble être de la littérature, elle nous propose des situations où elle est l'observatrice principale d'un peuple d'insectes appelés humains...

Elle est ce qu'on appelle en science littéraire un narrateur omniscient. Elle sait tout des personnages, de leurs psychologies et des situations. Elle dissèque avec précision le spectacle qui se présente sous ses yeux et l'analyse. Chaque propos, chaque histoire prend la forme géographique d'une nouvelle croirait-on, mais non, il s'agit plutôt d'une paillasse à disséquer. Une suite d'historiettes, sans liens du tout.

Aux premiers temps, on a plus de mal à prendre qu'à laisser le livre. Les textes se suivent et ne se ressemblent pas. On ne trouve pas non plus d'appréciations ni de commentaires affectifs de la part de l'auteur. Ce sont autant de choses observées et pensées, pas ressenties et en vrac. La petite foule, il en est fait allusion à la page 150, qui semble désigner un regroupement de gens. Quant au texte La petite foule lui-même, rendez-vous à la fin.Tout cela est extrêmement citadin, les histoires passent et peu restent, peu d'émotion. Du coup, peu d'attachement de notre part. Quoique... De temps à autre et progressivement, comme si Christine Angot osait débrider sa nature, ôter son corset, quelques textes nous attrapent, pas trop, pas trop fort, sous contrôle.

Il en est ainsi de "la femme de quatre-vingt-deux ans" : la vieille dame est au restaurant avec sa fille, elle lui montre une photo, du temps où elle avait rencontré un jeune homme qui aurait dû devenir le père de sa commensale. Toutes les deux ont des regrets, l'une de ne pas avoir franchi le pas et l'autre d'avoir eu un autre père qu'elle n'a pas aimé. Ou de "la représentante" qui, bien qu'en couple lesbien, met en évidence sa solitude avec cet alter ego qu'est son petit chihuahua. Ou encore, 'la fille seule" qui est partie retrouver le père de sa fille, qui la déboute et la laisse avec ses regrets de n'avoir pas su lui dire qu'elle voulait vivre avec lui.

Plus encore : "L'ex-mari" que son ex-femme appelle pour lui apprendre qu'elle a une tumeur au poumon et qui se parlent comme, sans doute, ils ne l'avaient jamais fait. Ils vont se revoir. Trop tard ? Ou "l'épistolière", qui vit avec un homme avec lequel elle avoue ne rien partager, qui a grossi et qui n'aimerait rien d'autre que "d'être câlinée". Juste à la page suivante, "la mère", dont le fils n'a pas trouvé de cadeau pour la fête des mères. Elle lui confie que ses seuls bras autour de son sou lui tiennent lieu de "beau collier". On s'émeut, enfin.

Si tout pouvait être du même tonneau ! A moins que Christine Angot ne distille ses émotions qu'à doses homéopathiques et qu'elle requière du lecteur qu'il soit patient et que ce qu'il cherche ne lui soit pas donné tout fait... à lui de le trouver dans ce salmigondis de futilités urbaines.

Alain Dagnez

 

Et pour en savoir un peu plus, Christine Angot vous présente elle-même son ouvrage...

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Publié le: Mercredi, 03 Septembre 2014